Donatienne Grégoire
bijoutière, sculpteure

Owal création est le nom de mon atelier. L’origine de ce mot vient de mon enfance. Je jouais en inventant des histoires avec une famille de petits ours que j’avais baptisée «les Owals». D’une certaine façon, mes premières créations datent de cette époque, d’où l’idée de conserver ce nom imaginaire pour l’ensemble de mes conceptions.

Après mes premières expériences en bijouterie, que je considère comme des petites sculptures portables, j’ai voulu continuer à explorer les envies d’expressions que je découvrais en moi. La création en trois dimensions et le travail des matières m’attirent profondément. 

C’est pourquoi j’ai décidé de continuer ma formation en intégrant l’atelier de sculpture à l’Académie Royale de Beaux Arts de Bruxelles. Mon chef d’atelier, Jean-Francois Diord, a accepté que je vienne avec mon bagage de bijouterie, et que je tente de trouver et développer ma démarche personnelle en restant proche de mon parcours initial.

Mon travail en sculpture s’est néanmoins développé en dehors de la bijouterie et du petit format. Mon cheminement s’est déroulé sur le concept, que je considère comme essentiel en bijouterie, de la relation entre la pièce et le corps. A cela s’est ajouté la volonté d’avoir une cohérence entre l’expression et la matière mise en oeuvre. Ma formation de bijoutière me pousse à atteindre une qualité d’exécution qui est importante pour moi. Je suis convaincue que cela aide le spectateur à s’approcher pour découvrir et appréhender mes réalisations.

Sans le représenter, le corps humain fait partie intégrante de mes sculptures.

Le « regardeur » doit devenir découvreur, support ou même moteur des créations. 

Mes sculptures et mes bijoux «vivent» par l’entremise du corps du spectateur-intervenant. Celui-ci est stimulé à s’impliquer dans mes réalisations pour leur donner toutes leurs significations. J’ai travaillé sur différents aspects de cette participation ainsi que sur différents niveaux d’investissement demandé au spectateur. C’est ainsi que certaines réalisations demandent l’intervention d’artistes, circassiens notamment.

Je désire aussi travailler des oeuvres directement en relation avec la ou les personnes qui peuvent les porter et agir avec elles. Cela peut se faire dans le cadre de la vie privée mais aussi de spectacles, défilés ou performances.

Actuellement, je me replonge dans des techniques de bijouterie plus «classiques» que je complète avec des techniques inhabituelles en bijouterie. J’utilise l’argent et l’or, le cuivre ou le laiton. Je travaille le métal embouti et soudé en y intégrant le crochet au fil d’argent.

Je peux insérer aussi bien du bois précieux que du simple feutre dans mes réalisations. Je trouve que le façonnage permet de magnifier des matériaux qui normalement ne sont pas reconnus comme précieux.

 Je travaille parallèlement  dans une fonderie d’art. J’y développe mes compétences techniques et mes capacités à résoudre les difficultés spécifiques à chaque sculpture.

 

Photographe: Alexandre Mhiri

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